De la futilité des voyages dans l’espace intersidéral puisque Beyrouth existe

mai 30, 2010

Beiteddine. What else?…. Mais nothing, bien sûr!

sur: Uncategorized — un-weekend-a-beyrouth @ 9:54

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 Entrée du musée de Beiteddine où se déroulait, littéralement, un ruban de couloir d’exposition dédié à Oum Koulsoum.

Quand c’est pas moi qui prend la photo…. Quand c’est moi qui prend la photo…

La chambre de Lamartine. Depuis l’extérieur, vous pouvez vous brider les yeux à tenter de voir quoi que ce soit du dedans. En revanche, de l’intérieur, tout nous est visible. Boiseries richement ornées et peintes à l’huile, d’origine.

Système délicat et merveilleux de l’eau qui s’écoule dans le sol, taillé exprès pour la recevoir et la faire courir, brillante comme une peau de serpent, sous le soleil tueur.

Moucharabieh en bois dans la salle à une seule colonne, servant d’antichambre au salon d’apparat du Président de la République. Lequel suspend d’ailleurs, avec une fierté non dissimulée, un lustre offert par notre Napoléon lors de son retour d’Egypte.

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Le palais est un véritable jeu de plans, de cascades (aussi bien faites d’eau que de pierres), d’escaliers. Ici, la cour qu’on pourrait qualifier encore de jardin suspendu puisqu’elle donne d’un côté sur ce monde minéral et de l’autre, sur un jardin verdoyant en contre-plongée.

Palais de l’émir Amine. Délicieux liwan, haut sous plafond, ouvrant directement sur une cour paradisiaque. Hôtel de luxe où il fait naturellement bon vivre. ( Je n’ai pas coupé de la photo le charriot de la femme de ménage qui avait décidé, pour des raisons obscures, de le parquer juste devant nous alors que le reste de la cour était on ne peut plus disponible pour cet effet…).

Hammam du palais Beiteddine. La lumière qui descend de cette voûte, déjà, est fumeuse. Imaginez-là en interaction avec les vapeurs chaudes du caldarium, rajoutez encore le bruit de l’eau qui coule des robinets en cuivre, puis, écoutez de quoi parle votre voisin avec l’homme qui se trouve à côté de lui. Sa voix heurte les murs en marbre rose et résonne aussi dans vos oreilles. Lieu mystérieux, envoûtant. Moment unique… C’est clair que ça n’a rien à voir avec la douche prise en 5 minutes, sous le mitigeur de notre salle de bain…

Coussins et matelas capitonnés du liwan. Palais de l’émir Amine.

mai 29, 2010

Foire Rachid Karamé, dite aussi Foire Internationale de Tripoli

sur: Uncategorized — un-weekend-a-beyrouth @ 10:18

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La foire Rachid Karamé de Tripoli. Un no man’s land à l’échelle du Downtown beyrouthin

sur: Uncategorized — un-weekend-a-beyrouth @ 10:03

La foire de Tripoli ou comment la ville peut périr des luttes confessionnelles. La foire de Tripoli ou comment les religions, et leurs inévitables flambées d’extermination, ont la capacité d’anéantir le développement urbain voire même d’éliminer la cité de la carte territoriale.

 D’ailleurs, ce phénomène n’est pas étranger à l’histoire des villes européennes. Il n’y a qu’à se souvenir des massacres de
la Saint-Barthélémy, par exemple, pour voir que nos sociétés sont aussi passées par cette ère obscure des passions religieuses et de leurs effets néfastes sur la ville, de la terreur et du blocage psychologique et affectif qu’elles entraînaient sur les populations. Nous savons, aujourd’hui encore, combien peut être ravageur un blocus sur l’économie d’un pays. Nous savons que
la France de Vichy et l’Allemagne exerçaient toutes deux cette pression sur
la France restée libre. Les raisons n’étaient pas d’ordre religieux mais finalement, ce critère n’en est qu’un de plus sur la liste de ceux qui motivent l’étouffement d’une partie au moins d’une nation.

Supposons qu’une ville soit prise comme le bastion d’un Islam radicaliste au lieu d’être celui de la liberté d’expression. Après tout, il s’agit de deux formes de rébellion, luttant chacune pour deux visions du monde et des équilibres différentes. Les mêmes attitudes vont s’observer sur la manière de posséder la ville. Afficher autant que possible ses opinions, les affirmer le plus publiquement possible, faire affront à la majorité du régime, avoir tendance à le renier voire à s’opposer sur tous ses points même si certaines de ses caractéristiques sont appréciables, faire preuve d’une violence corporelle, visuelle et verbale, avoir l’intime conviction d’être sur la bonne voie tandis que les autres se trompent lourdement, se méfier de tous ceux qui ne montrent pas les mêmes signes de passion, avoir pour objectif de devenir la norme.

A l’échelle de la ville, cela passe par des réseaux plus ou moins souterrains, le boycott des institutions, de la provocation, le blocage de certains quartiers par les guérillas. Autrement dit, un territoire qui se fragmente selon les idéaux des individus qui y vivent et cherchent à le modeler à leur image.

Il en a été ainsi de Tripoli dont l’histoire sociale est intimement liée à l’histoire territoriale. On peut même dire que l’histoire sociale se confond à l’histoire confessionnelle tant les communautés s’identifient par leur appartenance religieuse plus que par des différences de classes ou de races. Charbel Nahas raconte très bien son cas dans l’étude dont je laisse ici le lien sur le net.

Tripoli est donc devenue une ville mise de côté dans le schéma de développement régional. Consciemment. Parce qu’elle a été le terrain de conflits entre confessions et que les tensions existent toujours dans les esprits même si les guerres prennent fin. Parce que l’esprit est à la source de tout développement, y compris celui du territoire. Parce qu’un esprit traumatisé a tendance à s’écarter de la cause de son trauma. Tripoli a été marginalisée. Les axes de circulation, et donc de développement, la contournent. Les autres villes ou bourgs avoisinants, ayant eu des altercations sérieuses avec elle, s’en sont physiquement coupés en créant des limites géographiques (autoroutes, friches ou zones tampon) et en favorisant des échanges commerciaux et économiques avec d’autres cités.

La foire est un exemple criant de l’impuissance qu’éprouve la ville devant les forces sociales qui l’agitent et l’étouffent. A cause de ces problèmes non résolus, l’immense projet de réconciliation et de délocalisation d’Oscar Niemeyer a avorté et reste aujourd’hui cloîtré sur lui-même, sans signification et sans identité tout simplement parce que Tripoli n’est pas capable de se construire sans jalousies internes, sans luttes de pouvoir entre influences religieuses. Les autorités municipales ne disposent d’aucune pression sur les familles qui gèrent en réalité la ville, la font et la défont selon leurs humeurs et à la mesure de leur honneur. Système féodal. Ville inféodée. De toute évidence, Niemeyer croyait être face à une pensée moderne, à une société moderne et éclairée. L’échec de son morceau d’urbanisme et d’architecture apporte tristement la preuve du contraire. Tant que les acteurs qui dirigent la cité n’ont pas pour principal objectif son épanouissement, celle-ci risque toujours la mort ou au moins des blessures profondes. Si nous avons supprimé la religion de la sphère décisionnelle, c’est avant tout parce que la religion est un état dans l’Etat. Un état qui peut, hypothétiquement, s’opposer à l’Ordre voire s’imposer à lui. Le cas de Tripoli est assez exemplaire. Il nous enseigne comment, bien loin de n’être qu’une simple affaire privée, elle peut modifier le visage d’une ville, en interdire certains programmes vitaux (boîtes de nuit, dancing club, restaurants, centres de loisirs, hôtels), certains modes vestimentaires, comment elle peut bloquer certains avancements bref comment elle s’ingère dans les affaires que notre système laïque a finalement repris à son seul compte.

Ci-dessous, le lien de l’étude faite par le Ministre des Télécommunications, Charble Nahas:

http://charbelnahas.org/spip.php?article206

 

mai 25, 2010

Temple de Bacchus. Baalbeck. Fin de la promenade!

sur: Uncategorized — un-weekend-a-beyrouth @ 9:48

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Temple de Jupiter. Baalbeck toujours.

sur: Uncategorized — un-weekend-a-beyrouth @ 9:40

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Cour hexagonale. Héliopolis. Baalbeck.

sur: Uncategorized — un-weekend-a-beyrouth @ 9:30

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mai 24, 2010

Les propylées du temple d’Héliopolis. Baalbeck.

sur: Uncategorized — un-weekend-a-beyrouth @ 9:39

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Couvent de Balamand

sur: Uncategorized — un-weekend-a-beyrouth @ 9:27

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mai 11, 2010

Devinette pour les avertis

sur: Uncategorized — un-weekend-a-beyrouth @ 6:36

Blague hautement carambar:

Qui peut tuer une poule en roulant dessus alors qu’il l’a parfaitement vue sur la route, et en même temps, freiner et ralentir consciencieusement deux cents mètres plus loin parce qu’il y a une bosse qui risque d’endommager son vieux taquot?

Alors? Alors?…. Bah alors?!

Bah c’est facile pourtant, hein….

mai 4, 2010

Tastekulcha.com. Soirée au Art&Lounge. Quarantina. Beyrouth.

sur: Uncategorized — un-weekend-a-beyrouth @ 7:58

Je croyais arriver au milieu d’une conférence donnée par quelques révoltés pacifistes de la race noire, mélange subtile entre Martin Luther King et Bob Marley (Barak Obama étant un peu trop distingué et « sport » pour pouvoir servir d’emblème à des insurgés…), mais c’est une jeune femme aux traits asiatiques qui nous a ouvert ses bras. Dix mille livres libanaises l’entrée, deux CD de musique « Taste » en prime. Le verre de bienvenue, en revanche, n’était pas comptabilisé dans la somme.

Art & Lounge prévenait la pancarte au-dessus de la porte d’entrée d’un immeuble autrement muet sur son contenu. Le vantail poussé, un monde en note rose électrique a fleuri dans mes yeux et dans mes oreilles. Concept métis : se frotter aux plaisirs de l’art, de l’esprit et vivre en même temps ceux de l’alcool, de la musique forte et de la danse improvisée. Derrière l’étal des deux réceptionnistes, une moitié de librairie occupait le reste de la pièce. Bouquins tantôt épars, tantôt soigneusement entassés sur une large planche recouverte d’un tissu multicolore. Un gorille aux allures disciplinées veillait sur le seuil. Une fois le droit de s’amuser acheté, on pouvait commencer à essayer d’atteindre ce but.  

Le lieu est joliment installé. Deux pièces, hautes, ouvrent l’une sur l’autre tout en étant séparées d’une longue cloison interrompue aux extrémités. La première sert d’antichambre à la seconde. Sur les murs, des tableaux d’art contemporain sont suspendus et attirent les regards oisifs de ceux qui n’ont pas encore l’envie de se trémousser sur des rythmes africains. Partout, chaises rembourrées, fauteuils dépareillés, sofas et poufs en tous genres se pressent autour de tables basses aussi différentes les unes que les autres. Délicieuse sensation de se trouver dans une brocante arrangée, presque dans un salon de réception privé dont les meubles auraient été chinés au hasard des trouvailles du propriétaire. Le bar, illuminé de néons rose et orange, sert de jonction aux deux espaces. Tabourets élancés, couverts de faux cuir et de velours fatigué dans les mêmes tons. Au lieu du classique miroir de pub, une grille garnie de bouteilles d’alcool miniatures sert de fond de plan. Un podium est installé face au comptoir, de l’autre côté. Exactement comme la nef et les bas-côtés d’une église, la salle de danse se divise en trois parties : une large bande centrale pour la circulation et pour le mouvement ; et deux bandes plus étroites en périphéries pour s’asseoir, boire, observer et s’observer. Comme il est impossible de s’entendre crier, soit on se tait et on profite du tintamarre, soit on déménage de l’autre côté où le son est un peu moins assourdissant grâce à la cloison-tampon. Flexibilité du lieu pour une flexibilité des usages. C’est l’une des raisons pour lesquelles on s’y sent bien : le plaisir d’une soirée passe aussi par la liberté d’agir selon ses envies, selon ses besoins et sans être obligé de s’accommoder de ce que l’on a. Lorsque les espaces sont bien coordonnés, aucune place n’est laissée à l’insatisfaction ou à la gêne. J’y ai retrouvé l’aisance et l’excitation d’une partie de cache-cache en forêt. Se savoir en terrain inconnu mais suffisamment captivant pour effacer de soi toute appréhension, toute méfiance.

Sur un mur blanc, des images de princes et de princesses nègres. Des images de bons sauvages. La soirée était sensée montrer que la culture africaine existe, notamment dans la musique et la danse. Ces projections tendaient surtout à prouver, pathétiquement, que l’Afrique a aussi ses rois et ses reines, ses bijoux, sa noblesse, sa beauté. L’Afrique n’est pas seulement un vivier de domestiques bon marché. Alors ça défilait : hommes savamment ornés, vieillards au port fier, enfants rieurs, femmes dansantes, peuple ayant ses coutumes et ses valeurs propres. Toute une mise en scène de la négritude pour crier non, tout un mythe sur les origines d’une population locale qui n’a certainement jamais vécu la vie comme dans ces photographies, toute une confusion entre passé et présent, mi-envieuse mi-nostalgique. Une présentation qui oscillait entre le rêve, le désespoir et l’optimisme.  

Et devant, en ombre chinoise auréolée d’une lumière blanche poussiéreuse, un exemplaire type de la parfaite pouffiasse.

 Talons pointus, claquants et brillants. Jambes dénudées jusqu’à l’aine, shorty en jean moulant provoquant le débordement des poignées d’amour que les centaines d’heures de stretching n’ont pas fait fondre, un nombril décoré d’un brillant, un bolero synthétique blanc en guise de top, des cheveux noirs et brushés, une poitrine…libanaise, une démarche de panthère.  Accompagnez-moi ça de deux autres spécimens et vous obtenez un trio explosif de vulgarité. Soirée branchée égal pouffiasses présentes. Voilà donc ce qu’était l’événement : une occasion de plus pour les plus argentés de se réunir autour d’une cause « humanitaire » et de se féliciter de leur bonne conscience.


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